Le modèle neurobiologique de Gray
La psychoéducation se fait lors de la première séance de thérapie en groupe et consiste à expliquer les modèles de l’anxiété pour les patients : phobiques, qui ont des tocs, ou ayant des troubles anxieux généralisés. Les modèles permettent d’expliquer les causes et les mécanismes de l’anxiété, le but est d’amener les patients à comprendre ce qui se passe dans leurs cerveaux. L’ignorance conduit à la peur. Lors d’une thérapie de groupe, il est important d’instaurer le dialogue avec ses patients et d’installer un échange, donnez aussi souvent que possible la possibilité aux patients de participer. Nous allons voir dans cet article le modèle neurobiologique de Gray et son implication dans l’anxiété, les phobies et les tocs.

L'essentiel à savoir
- Le modèle de Gray décrit trois étapes de l'anxiété : la situation, l'évaluation primaire du danger (système BIS) et l'action (combat ou fuite, FFS).
- L'anxiété est un mécanisme de protection hérité de l'évolution, préparant le corps à l'action face au danger.
- Éviter la situation redoutée renforce le conditionnement ; l'affrontement forcé n'est pas recommandé en thérapie.
- L'assistant IA Camille accompagne le patient sans jugement tout au long de la prise en charge.
1. LA PREMIÈRE ÉTAPE : LA SITUATION
Selon le modèle de Gray la première étape est la situation. C'est le moment de la première question à poser aux patients : « Donnez-moi une situation qui vous fait peur ? » (réponse des patients).
Quand vous êtes dans cette situation (énoncée par les candidats) que vous considérez comme menaçante, vous faites une évaluation primaire du danger présent dans la situation. Poursuivez le dialogue : « Quand vous êtes face aux dangers (cités en fonction des peurs énoncées), à quoi faites-vous attention ? » Les patients vont prêter attention aux éléments présents dans la situation en lien, en général, avec le danger. Par exemple, les grilles d'aération dans l'ascenseur pour les patients souffrant de claustrophobie, l'expression de l'hôtesse et les sorties pour les aviophobes, etc.
Cette évaluation primaire est possible grâce à une entité fonctionnelle du cerveau : le BIS (Behavioral Inhibition System), système d'inhibition comportementale. C'est ce système dans le cerveau qui va provoquer l'anxiété, une augmentation de la vigilance, et c'est cette entité qui va provoquer une sécrétion d'adrénaline au niveau des médullosurrénales, des glandes situées au-dessus des reins. Cette adrénaline va provoquer des symptômes ; faites-leur parler de leurs symptômes : « Qu'avez-vous comme symptômes ? » (réponse des patients) Tout ce que vous m'avez décrit : augmentation de la sudation, du rythme cardiaque, du tonus musculaire, etc. C'est ce que provoque l'adrénaline.
2. LA RÉALISATION DE L'ACTION FFS
Une fois l’évaluation de la situation effectuée, d’après le modèle de Gray le patient réalise une action appelée Fight or Fly System (FFS). Il aura deux choix : soit il combat et il reste dans la situation, soit il va choisir la fuite pour éviter cette situation. Nouvelle question à poser : “Que faites-vous ?” (réponse des patients).
La majorité d’entre eux évitent généralement la situation. Certains pourront dire qu’ils ont affronté la situation, néanmoins le fait de se forcer n’est pas utile en thérapie car il va accentuer le conditionnement et provoquer de mauvais souvenirs.
L’anxiété existe chez toutes les personnes et tous les mammifères et résulte de millions d’années d’évolution, il faut amener les patients à se poser la question : “A votre avis à quoi sert l’anxiété?” (réponse des patients)
L’anxiété a été créée par l’évolution pour se protéger, c’est un mécanisme de protection de l’individu. L’anxiété était présente chez les êtres humains il y a 20 000 ou 30 000 d’années. Nouvelle question : ”Où vivaient vos ancêtres ?” (réponse des candidats) Nos ancêtres vivaient dans des environnements hostiles, pour survivre ils leurs faillaient un système qui leurs permettaient de réagir rapidement face aux dangers et ce système c’est l’anxiété. C’est grâce à l’anxiété que notre espèce a pu vivre jusqu’à maintenant. L’anxiété sert à nous protéger. Reprenez les symptômes évoqués par vos patients précédemment, par exemple, si les symptômes sont l’augmentation du rythme cardiaque : “ Pourquoi votre cœur bat vite?” ( réponse des patients)
Le cœur s’accélère pour ramener plus d’oxygène et de sucre dans le corps car il en a besoin, si on reprend le modèle de survis des ancêtres, l’augmentation du rythme cardiaque servait en cas de combat avec un ours à donner au corps une énergie surhumaine. Les symptômes provoqués par l’anxiété sont donc des préparations à l’action.
3. UN EXEMPLE SUR L'ANXIÉTÉ
Nouvelle question : “Donnez moi un exemple dans lequel l’anxiété a sauvé une vie ?” (réponse des candidats) Angela Cavalo est une américaine qui a vécu dans les années 80. Elle a sauvé la vie de son fils en soulevant une chevrolet impala. Son fils était en train de la réparer, avait installé des tréteaux lui permettant d’être sous la voiture. Les tréteaux ont cédé et ont commencé à écraser son fils. Angela a réalisé la situation, elle a fait son évaluation primaire, son cœur a battu très vite, elle s’est mise à transpirer. Angela a soulevé la voiture et elle a sauvé son fils. L’anxiété lui a donné une force surhumaine qui a permis de sauver son fils.
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FAQ sur le modèle neurobiologique de Gray et la réalité virtuelle
Depuis quand cela existe ?
C2Care expérimente ses logiciels de réalité virtuelle auprès d'hôpitaux depuis 2016. Cette expérience de terrain a permis d'affiner progressivement les environnements immersifs et les protocoles d'exposition graduée aujourd'hui proposés aux praticiens équipant leur cabinet ou établissement de santé.
Comment utilise-t-on la réalité virtuelle ?
Le praticien installe le patient avec un casque de réalité virtuelle et choisit un environnement immersif correspondant à sa phobie ou son trouble anxieux. Le patient est exposé progressivement aux stimuli anxiogènes, selon le principe d'exposition graduée, avec l'accompagnement de l'assistant IA Camille.
Qu'est-ce qu'un environnement virtuel ?
Un environnement virtuel est une scène immersive reproduisant une situation anxiogène, comme un avion, un ascenseur ou une foule. Le patient y évolue via son casque, pendant que le praticien ajuste les stimuli présents pour adapter l'exposition à sa phobie.
Est-ce que je peux avoir des nausées en utilisant le casque ?
Certains patients peuvent ressentir un cybermalaise (nausées, désorientation) en utilisant un casque de réalité virtuelle. Ce phénomène concerne environ 10% des personnes exposées et reste généralement transitoire, sans lien avec l'efficacité de la thérapie.
Quelles sont les pathologies pouvant être traitées en réalité virtuelle ?
La réalité virtuelle traite les troubles anxieux (phobies, stress post-traumatique, troubles obsessionnels compulsifs), les addictions et les troubles de l'humeur. Elle est également utilisée en remédiation cognitive, pour accompagner les patients présentant des troubles cognitifs.
Qui peut utiliser la réalité virtuelle pour soigner ?
Les praticiens tels que psychologues, psychiatres et ergothérapeutes utilisent la réalité virtuelle pour accompagner leurs patients. Ces dispositifs équipent aussi bien les professionnels libéraux que les établissements de santé : CHU, hôpitaux, cliniques ou EHPAD.
Quels sont les patients pouvant bénéficier d'une TERV ?
Les patients souffrant de troubles anxieux, de phobies, d'addictions ou de troubles cognitifs peuvent bénéficier d'une thérapie par exposition en réalité virtuelle. Le praticien adapte l'environnement immersif et la progressivité de l'exposition à la situation propre à chaque patient.
Auteur
C2Care






