Les distorsions cognitives

Tous les jours nous devons comprendre la réalité qui nous entoure. Tous nos processus psychologiques vont s’activer dans le cadre des différentes situations: que ce soit les processus de prise de décision, les émotions, la compréhension, l’évaluation… Mais ces processus peuvent être erronés et limités par les distorsions cognitives.

C2Care
25 juillet 20247 min de lecture

L'essentiel à savoir

  • Les distorsions cognitives, décrites par le psychiatre Aaron T. Beck en 1967, déforment la perception du réel et génèrent des pensées négatives automatiques.
  • Beck et Burns ont identifié 10 formes de distorsions : pensée dichotomique, inférence arbitraire, surgénéralisation, abstraction sélective, étiquetage, personnalisation…
  • Ces distorsions favorisent la naissance et la continuité des troubles anxieux et dépressifs.
  • La restructuration cognitive permet d'y faire face en deux étapes : identifier les pensées automatiques, puis évaluer les preuves qui les confirment ou les contredisent.

1. LES DISTORSIONS COGNITIVES QU'EST-CE QUE C'EST ?

Introduit par le psychiatre Aaron T.Beck en 1967 il définit les distorsions cognitives commes « le fait de déformer le réel par une interprétation erronée, de voir le monde de manière biaisée, conduisant ainsi le sujet à avoir des pensées négatives qui elles-mêmes sont sources d’anxiété et de mal-être. Ces pensées sont d’autant plus difficiles à contrer qu’elles deviennent systématiques et envahissantes pour le sujet qui en souffre, au point qu’elles prennent le pas sur une vision lucide du monde et deviennent automatiques »

Beck et Burns vont mettre en évidence 10 formes de distorsions cognitives :

La pensée dichotomique (« Le tout ou rien »)

Consiste à penser qu’il n’y a pas de nuances intermédiaires (ex: si je n’y arrive pas c’est que je ne vaux rien). La personne va voir tout en blanc ou tout en noir, tout est bon ou mauvais. Ce type de distorsion peut amener au perfectionnisme et toute erreur va faire se sentir la personne comme étant un “raté”.

L’inférence arbitraire

Tirer des conclusions hâtives et négatives sans preuves. Il peut y avoir :  la “lecture des pensées” qui consiste à croire que l’on connaît les pensées dans autres personnes ; “L’erreur de prévision” qui consiste à faire des prédictions sur le futur et y croire fermement.

La surgénéralisation

Fait de tirer une conclusion générale basée sur un seul événement négatif. Exemple: je n’ai pas réussi à faire ça, je n’y arriverais jamais.

L’abstraction sélective

Consiste à conclure sur un détail qui n’est pas forcément pertinent. Ainsi on va centrer son attention sur un seul détail négatif qui va nous amener à voir toute la situation négativement.

Minimisation du positif et maximisation du négatif

Appelé aussi phénomène de la lorgnette. C’est le fait de maximiser ses fautes, ses erreurs, c’est à dire de “dramatiser” un événement désagréable ;  et de minimiser ses réussites, ce qui peut amener à se sentir moins fort qu’autrui.

Rejet du positif

Cette distorsion consiste au fait de transformer une expérience neutre ou positive en une expérience complémentement négative. Ainsi on ne va pas juste ignorer le positif mais on va le transformer en négatif. Ex: lorsqu’une personne fait un compliment “on me dit juste ça pour me faire plaisir, mais c’est faux”.

Le raisonnement émotionnel

Se servir de ses émotions comme étant des preuves. Ex: Si je suis angoissée en hauteur, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans cette situation

Les fausses obligations

Cette distorsion est à base de “je dois” ou “je devrais”. C’est le fait d’avoir des croyances sur ce que l’on devrait faire ou ce que les autres devraient faire. Ces obligations sont données sans porter attention aux réalismes de celles-ci. Ainsi elles vont créer de la culpabilité, de la frustration, colère….

L’étiquetage

C’est le fait de porter un jugement définitif et négatif sur une personne ou sur soi-même, ce qui va entraîner une généralisation à outrance. ex: “je suis nulle”, plutôt que de se dire “j’ai fais une erreur”.

La personnalisation

Penser être responsable d’événements négatifs ou du comportement d’autrui, sans en être la cause réelle. Cette distorsion conduit à un fort sentiment de culpabilité.

Par la suite, de nombreuses autres distorsions cognitives ont été trouvées. Ces distorsions cognitives jouent un rôle fondamental dans la naissance et la continuité des troubles anxieux et dépressifs. En effet, lors de situations anxiogènes les personnes vont avoir tendance à avoir des pensées automatiques négatives et distordues.

2. LES DISTORSIONS COGNITIVES QU'EST-CE QUE C'EST ?

Maintenant que vous savez que ce type de distorsions existe, il est bien sûr tout à fait possible de faire face à ces distorsions. Pour cela, il va être nécessaire de se détacher de ces pensées automatiques négatives, de prendre du recul sur celles-ci pour pouvoir les corriger. On va donc influencer nos pensées automatiques qui sont “distordues”. C’est ce que l’on appelle la Restructuration cognitive.

Première étape : identifier les pensées et distorsions

Ainsi il va être fondamental de pouvoir identifier les pensées automatiques et distorsions cognitives afin de prendre conscience de cette distorsion des pensées. Cela va permettre de prendre du recul par rapport à celles-ci et de visualiser la situation sous un nouvel angle. Vous pouvez par exemple les noter sur un papier.

Deuxième étape : évaluation de preuves

Le but est de trouver les preuves qui appuient ces pensées négatives et les preuves qui les contredisent. Ainsi en faisant cet exercice d’évaluation, vous pourrez évaluer la situation de façon plus équilibrée. La situation va donc être interprétée différemment au vue des nouveaux renseignements, ce qui va permettre d’atténuer le trouble.

Comme vous l’aurez compris, les distorsions cognitives existent chez toute personne et se font sans même que nous en prenions conscience. Elles peuvent avoir un impact plus ou moins important sur nos actions, sur notre vie. A chaque fois que nous remettons en cause nos distorsions cognitives, nous nous donnons l’opportunité d’améliorer notre bien être quotidien.

Prêt à agir sur votre phobie ?

Les solutions C2Care en réalité virtuelle vous accompagnent pas à pas vers un mieux-être.

Débuter gratuitement

FAQ sur les distorsions cognitives

Pourquoi utiliser la réalité virtuelle dans le champ de la santé mentale ?

La réalité virtuelle permet une exposition graduée et contrôlée à des situations anxiogènes, dans un cadre sécurisé et reproductible. Elle favorise l'habituation, renforce l'engagement du patient et permet au praticien d'adapter les exercices selon les besoins spécifiques de chaque patient.

Quelles sont les pathologies pouvant être traitées en réalité virtuelle ?

La réalité virtuelle est utilisée dans le traitement des troubles anxieux (phobies, stress post-traumatique, troubles obsessionnels compulsifs), des addictions, des troubles de l'humeur et en remédiation cognitive. Le choix de l'environnement et du protocole revient au praticien, selon les besoins du patient.

Ai-je accès à tous les environnements ?

Oui, tous les environnements C2Care sont regroupés au sein d'une seule application. Vous n'avez donc pas besoin d'installer plusieurs logiciels pour accéder aux différentes scènes proposées, quel que soit le trouble ou la phobie travaillée.

Qui dois-je contacter si j'ai des problèmes de logiciel ?

Le service technique C2Care est joignable par live chat depuis votre plateforme de contrôle. En cas de problème avec le casque, un diagnostic est établi avec vous, et le matériel défectueux est remplacé sous 48 heures si nécessaire.

Est-ce que je peux avoir des nausées en utilisant le casque ?

Un léger inconfort est possible : c'est ce que l'on appelle le cybermalaise. Il concerne environ 10% des personnes utilisant un casque de réalité virtuelle. Le praticien peut adapter la durée et l'intensité de la séance pour limiter cette sensation.

Qui peut utiliser la réalité virtuelle pour soigner ?

Les dispositifs C2Care s'adressent aux praticiens : psychologues, psychiatres et ergothérapeutes. Ils sont utilisés dans des établissements de santé (CHU, hôpitaux, cliniques, EHPAD, SSR) ainsi qu'en cabinet libéral, toujours sous la responsabilité d'un praticien formé.

Depuis quand cela existe ?

C2Care expérimente ses logiciels de réalité virtuelle auprès d'hôpitaux depuis 2016. Ses solutions sont aujourd'hui utilisées dans près de 50 pays par plus de 1000 praticiens équipés, pour accompagner les patients dans le traitement de leurs troubles.

Auteur

C2Care

Articles connexes

24 juillet 2024

Les accords toltèques

Les accords toltèques ont pour objectif de retrouver une liberté et un bien-être personnel, présents dans la culture mexicaine ancestrale. C’est Don Miguel, en 1997, qui nous partage ces précieuses informations afin de nous aider à nous sentir plus en osmose avec nous-mêmes.

11 mars 2025

Le pessimisme

“Arrête un peu d’être toujours pessimiste !”. On vous a souvent répété ce type de phrase ? Le pessimisme est quelque chose que nous pouvons tous ressentir à certains moments de notre vie. Cependant, certains d’entre nous vont être pessimiste de façon trop importante voir inadapté, ce qui va l’impact sur sa vie personnelle comme professionnelle.

17 juillet 2024

Le modèle cognitif de Beck

Le modèle cognitif de Beck est enseigné à la deuxième séance dans le cadre du traitement des troubles anxieux (toc, phobie). Ces séances sont souvent pratiquées en groupe dans le but de faire participer les patients. Notre cerveau fonctionne comme un processeur d’ordinateur, sa fonction principale est le traitement de données: il traite en permanence des informations sensorielles.

24 juillet 2024

La méthode TIPI

L’anxiété, la tristesse, la colère sont autant d’émotions négatives qui peuvent être difficiles à gérer et peuvent impacter notre vie personnelle et professionnelle. Il existe cependant des méthodes simples et rapides qui permettent d’accepter, de faire avec ses émotions, pour ainsi que celles -ci n’impactent plus notre quotidien. Parmi elles, la méthode TIPI.

18 juillet 2024

La thérapie cognitives : L'auto-observation

La thérapie cognitive sert à aider les patients à transformer leur façon de penser, à ne plus interpréter la situation de manière dysfonctionnelle. Par exemple, en voyant un chien, le patient pense directement que le chien va le mordre. L’objectif de ces séances est de modifier la manière de penser.

27 mars 2025

Comprendre les TCC : une approche efficace et concrète pour aller mieux

Les thérapies cognitivo-comportementales, ou TCC, sont aujourd'hui parmi les approches psychothérapeutiques les plus utilisées et les mieux validées par la recherche scientifique. Recommandées par de nombreuses autorités de santé, elles s'adressent aux personnes qui souhaitent mieux comprendre leurs difficultés psychologiques et apprendre à les surmonter de manière concrète.